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jeudi, avril 23
mercredi, avril 22
Vacances: comment les pays commencent à organiser l'été sur leurs plages
PLAGES - Nous étions le 19 mars. À partir de ce jour-là, les premières plages ont commencé à être fermées au public, quelques jours après le début du confinement en France, qui n’était alors pas forcément bien respecté en certains endroits du littoral.
Sur les communes de l’île d’Oléron et de l’île de Ré, les préfets prenaient aussi un tel arrêté face à l’afflux important de citadins vers leur résidence secondaire.
Un mois plus tard, ces arrêtés semblent bien (ou mieux) respectés par les Français. Mais qu’en sera-t-il à partir du 11 mai et le début progressif du déconfinement? Et quid de la période estivale, pendant laquelle les Français devraient être contraints de rester dans le pays faute de frontières potentiellement toujours fermées?
S’il reste difficile d’imaginer des plages bondées cet été dans le contexte actuel, il est dur de les envisager complètement vides pour la saison touristique la plus intense de l’année.
D’autant plus que “prés de la moitié des Français qui avaient initialement prévu de partir à l’étranger ont déjà réorienté leur destination sur la France”, explique au HuffPost l’expert en tourisme Vanguelis Panayotis. “On constate que les requêtes des Français sur internet concernent de plus en plus une recherche d’information comparable à celle habituelle pour les vacances -généralement la période de réservation pour l’été et mars/avril-, cela présage d’un bon report de la clientèle française sur le territoire national”, ajoute-t-il.
Ce qui se dessine, c’est qu’à moins d’habiter une région du littoral, vous devrez patienter avant d’aller au bord de la mer dès le 11 mai. Selon une information de France Télévisions ce mercredi 22 avril, le gouvernement devrait se prononcer pour le maintien, jusqu’à mi-juin, de la limitation des déplacements interrégionaux pendant le déconfinement. “On ne veut pas 300.000 personnes sur les plages”, explique une source gouvernementale à France Télévisions.
“Nous regardons ce qui se fait ailleurs”
Pour l’été, les différents acteurs concernés réfléchissent à plusieurs pistes. “Nous regardons ce qui se fait ailleurs, explique à Lechotouristique.com le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne. L’Australie, par exemple, a décidé que pouvaient être pratiquées des activités sportives en mer, mais qu’il n’était pas possible de ‘stationner’ sur la plage. Il y a besoin de continuer à investiguer sur ce que peuvent être les prérequis sanitaires. Le travail est en cours”.
Interrogé par France 3, l’élu biarrot Guillaume Barucq se positionne pour la réouverture de toutes les plages de France, dès la fin du confinement. Il donne plusieurs idées: “On peut imaginer une baignade par semaine, par personne, à tour de rôle, ou limitée à 30 minutes; pas d’installation avec des parasols, des jeux; des sessions surf, encadrées et surveillées par les écoles et les clubs”.
Une question centrale du déconfinement est celle de la réouverture des plages sur les côtes françaises. Celle-ci ne s’improvisera pas et les élus que nous sommes doivent s’emparer de cet enjeu sans attendre le 11 Mai.— Guillaume BARUCQ (@GuillaumeBarucq) April 15, 2020
L’ouverture des plages est une question de santé publique en permettant à la population d’avoir accès à de grands espaces ouverts et sains, tout en faisant respecter la distanciation sociale.— Guillaume BARUCQ (@GuillaumeBarucq) April 15, 2020
De son côté, l’Association des maires de France (AMF) affirme que la réouverture des plages n’est “pas souhaitable” dans les zones urbaines ou très fréquentées, du moins tant que les bars et restaurants devront eux aussi rester fermés. En revanche, dans les zones plus calmes, “il est envisageable de permettre la circulation en bord de mer (...) dans le respect des mesures barrières”.
L’île française de Saint-Barthélemy, dans les Antilles, a elle déjà décidé de lever l’interdiction de baignade au terme d’un mois de confinement, malgré la prolongation annoncée par Emmanuel Macron. À ce jour, l’île, dont les frontières sont quasi hermétiques, a recensé six cas positifs au Covid-19, dont quatre sont aujourd’hui guéris.
Qu’en est-il dans d’autres pays du monde, et notamment chez nos voisins espagnols et italiens, très durement touchés par la pandémie de coronavirus?
Espagne
Les règles de distance entre personnes pour éviter la propagation du coronavirus devront rester en vigueur cet été même à la plage, qui sont pour l’instant fermées depuis le 14 mars.
“Il est très important que les recommandations sanitaires soient maintenues, nous allons devoir intérioriser ce que nous faisons actuellement, le lavage des mains, la distance sociale... Même sur les plages”, a déclaré la ministre espagnole du Tourisme Reyes Maroto, interrogée sur une éventuelle limitation de l’accès aux plages lors de la saison estivale.
Portugal
Les autorités portugaises pourraient imposer des restrictions sur les plages au cours de l’été. Dans une interview accordée au journal Expresso, le premier ministre Antonio Costa a déclaré qu’un plan, qui devrait être annoncé le 30 avril, pourrait limiter le nombre de personnes se rendant sur les plages du pays qui sont généralement bondées en été. “Ce virus n’hiberne pas en été, a expliqué le Premier ministre portugais. Les rassemblements de masse ne peuvent pas avoir lieu. Les municipalités devront prendre les mesures nécessaires pour que nous puissions aller à la plage sans surpopulation”.
Italie
Une entreprise de la région de Modène a dévoilé une idée originale pour que les gens puissent retourner sur les plages cet été, rapporte La Repubblica.
Nuova Neon fabrique en effet des plaques de plexiglas pour séparer les personnes et leur permettre de retrouver des activités “normales”. L’idée serait d’aménager sur les plages des box vitrés: un cube de 4,5 mètres de côtés pour 2 mètres de hauteur, soit l’espace nécessaire pour installer deux chaises longues et un parasol.
Can we go to the beach in summer amid #COVID19 after all?
An Italian company has a possible solution: they want to put large plexiglass boxes on the beaches.
The idea came from Nuova Neon Group 2. pic.twitter.com/Stigp5TVJq— Disclose.tv 🚨 (@disclosetv) April 15, 2020
“Le plexiglas n’est pas adapté aux plages italiennes en raison de la chaleur qu’il émettrait à l’intérieur de la cabine”, a toutefois mis en garde Lucas Paolillo, le président de l’Association Bagnini Riviera del Conero, dans La Repubblica.
Belgique
Dans la ville d’Ostende, le bourgmestre envisage d’instaurer un “pass plage” et de la diviser en zones délimitées afin de réguler l’afflux de vacanciers, comme le rapporte un média belge.
“Les grands événements sont interdits jusqu’au 31 août et je me fais donc du souci: avec des températures de 30 degrés, la plage sera un rassemblement de masse plus important que Tomorrowland (le plus grand festival de musique électronique au monde, organisé dans la région, NDLR), estime l’élu. Nous voulons développer une application pour demander un ‘pass plage’ afin que vous puissiez réserver votre place sur la plage.”
Australie
Les nageurs et les surfeurs vont pouvoir retourner la semaine prochaine sur la célèbre plage de Bondi Beach à Sydney, près de six semaines après sa fermeture. Son sable blanc demeurera cependant interdit aux amateurs de bains de soleil, aux coureurs ainsi qu’aux familles afin de se conformer aux mesures de distanciation sociale.
Paula Masselos, maire de Waverley, qui comprend Bondi et ses environs, a expliqué que les habitants pourront retourner à l’océan à compter du 28 avril, via deux points d’accès. “Ces couloirs permettront un accès sécurisé à l’eau pour la baignade et le surf uniquement. C’est donc (uniquement) pour faire de l’exercice dans l’eau”, a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse à Sydney. “L’accès au sable est fermé, ce qui signifie qu’on ne peut ni courir, ni marcher, ni se rassembler, ni emmener ses enfants jouer sur le sable”.
Paula Masselos a exhorté les non-résidents à ne pas se rendre à Bondi, indiquant que les couloirs d’accès à la plage seront fermés en cas de trop forte affluence. “Nous voulons nous assurer que cela se passe dans le respect des règles sanitaires et de distanciation sociale”, a-t-elle déclaré. “Si les personnes ne les respectent pas et s’il y a trop de monde, nous serons contraints de la fermer”, a souligné l’élue.
D’autres plages de Sydney, notamment Coogee et Maroubra, ont rouvert lundi. Des annonces faites via des haut-parleurs rappelaient aux nageurs de respecter les règles de distanciation sociale.
Coogee and other Sydney beaches have reopened “strictly for exercise” with #SocialDistancing measures in place, says @RandwickMayor.
Australia's iconic Bondi Beach is also set to reopen next week, reports local media. More @business: https://t.co/eYSRgBx3Ok#Covid_19australiapic.twitter.com/B6LllnWatY— QuickTake by Bloomberg (@QuickTake) April 22, 2020
États-Unis
Au pays de Donald Trump, certains États n’hésitent pas à braver le confinement. C’est le cas de la Floride, qui a rouvert une partie de ses plages le 17 avril, alors que l’État enregistrait pourtant au même moment son record de décès liés au Covid-19.
Ce jour-là, une impressionnante ruée vers le sable a été constatée, notamment à Jacksonsville (voir la photo ci-dessous), quelques minutes seulement après l’annonce du gouverneur conservateur Ron de Santis.
Jacksonville Beach reopened 26 minutes ago. This is a live picture. pic.twitter.com/tC6voQ3BAn— Travis Akers (@travisakers) April 17, 2020
Officiellement, ce fervent soutien de Donald Trump a autorisé certaines municipalités à rouvrir plages et parcs à condition que des mesures visant à faire respecter la distanciation sociale soient mises en place. Ce qui n’a visiblement pas été facile à faire respecter.
♦️ #Florida ♦️
la plage est bondée dans les 30 MINUTES de la réouverture à 17 heures, malgré l'enregistrement par l'État #COVID19 cas - sa plus forte augmentation sur une journée depuis le début de la crise pandémique#Covid_19#CoronavirusUSA
Puisque #Trump veut le déconfinement pic.twitter.com/jUujfh2l3l— Maurice Martin ♦️ (@MauriceMartin01) April 18, 2020
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Tests, serons-nous prêts ?
Le ministère de la Santé a indiqué vouloir réaliser, à partir du déconfinement, 500 000 tests par semaine, et 100 000 par jour dès juin.
http://dlvr.it/RVFx2S
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Coronavirus: se marier en Californie... derrière une vitre et en masque
ÉTATS-UNIS - “Je vous déclare mari et femme”. En Californie, les cérémonies de mariage ont été suspendues à cause de l’épidémie de coronavirus. Mais depuis peu, le comté d’Orange autorise à nouveau les couples à organiser leur mariage civil… sous une forme inhabituelle.
Les officiants sont regroupés sur le parking de Anaheim, près de Los Angeles. Ils sont installés dans des cabanes vitrées sur un parking, et s’adressent aux futurs époux, debout devant eux, à travers un talkie-walkie, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus.
Les futurs époux portent quant à eux un masque. On a déjà vu plus romantique.
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http://dlvr.it/RVFvhP
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Ces photos de Kylie Jenner sans maquillage vont parler à beaucoup pendant le confinement
BEAUTÉ - En ce moment, il y a deux écoles. Celles et ceux qui, pendant cette période de confinement, continuent de suivre à la lettre leur routine beauté. Et puis, il y en a d’autres qui, comme Kylie Jenner, mettent quelques instants leurs rouges, fards et autres mascaras de côté.
Ce mardi 21 avril, l’édition australienne du Daily Mail a partagé une photo de la jeune milliardaire de la famille Kardashian sur son compte Instagram. On l’aperçoit à la sortie d’un van dans un survêtement clair, les cheveux attachés, le visage au naturel. View this post on Instagram
A post shared by Daily Mail Australia (@dailymailau) on Apr 20, 2020 at 10:11pm PDT
Des photos partagées à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux ces dernières heures. Comme le souligne Pure People, celle qui a fondé un véritable empire du maquillage avec sa marque Kylie Cosmetics a été photographiée à Beverly Hills, alors qu’elle allait rendre visite à l’une de ses meilleures amies, Stassie Karanikolaou. Il est rare, très rare, de ne pas la voir maquillée.
Ce qui n’a pas manqué d’interpeller les internautes. “Elle est si mignonne comme ça”, remarque l’une d’entre elles en commentaire. “Elle est toujours aussi belle”, ajoute une autre. “On dirait Drew Barrimore quand elle sourit”, estime une dernière. Peut-être est-ce là le début d’une nouvelle résolution?
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La pandémie de COVID-19 au Québec, en citations et en dates
Comment le Dr Horacio Arruda a-t-il su adapter ses propos selon l’évolution de la situation?
http://dlvr.it/RVFnvx
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mardi, avril 21
Coronavirus : avec la crise sanitaire, la faillite stratégique de la France mise en lumière
La nécessaire protection des "secteurs stratégiques" est au coeur des débats depuis le début du confinement, notamment depuis qu'Emmanuel Macron a appelé à relocaliser les activités capitales. Mais qu'entend-on par là, et pourquoi la France est-elle si défaillante en la matière ?
L'expression revient systématiquement dans la presse ou les déclarations des ministres, en ces temps d'épidémie de coronavirus : la protection des "secteurs stratégiques" serait une des priorités du gouvernement, le terme semblant désigner une évidence qu'on n'aurait nul besoin de préciser. Et pourtant, la notion fait l'objet d'âpres débats : à quoi se réfère au juste le nébuleux adjectif "stratégique" ? Il n'existe en réalité aucune définition faisant autorité. Lors d'une table ronde organisée par le Cybercercle en 2016, Jean-Baptiste Carpentier, alors commissaire à l’information stratégique et à la sécurité économique, témoignait de la difficulté d'établir une classification sans équivoque : "Stratégique pour quoi ? Après tout, il y a différentes politiques de l'État, qui est une structure 'schizophrène' et qui poursuit plusieurs buts (...). Une politique sociale, une politique économique, une politique de l'emploi, etc."
Pour Nicolas Moinet, professeur des universités à l'IAE de Poitiers et cofondateur de l'Ecole de pensée sur la guerre économique, "raisonner en secteurs stratégiques est une erreur. Car n'importe quel secteur pris dans son ensemble peut être considéré comme stratégique. Ce qui compte, c'est de protéger en permanence ce qui relève de la souveraineté de l'Etat." "Ce qui est stratégique c'est ce qui garantit la souveraineté, l'autonomie, l'indépendance, résume Claude Revel, qui fut déléguée interministérielle à l'intelligence économique de mai 2013 à juin 2015. C'est ce qui nous permet de ne pas dépendre de quelqu'un d'autre." Emmanuel Macron ne disait pas autre chose le 16 mars dernier, en déclarant que "Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie au fond, à d'autres, [était] une folie ". Parmi les évidences du domaine stratégique : l'alimentation, le militaire, le sanitaire. Mais pas seulement.
De l'armée aux bouteilles de vin
Claude Revel, qui préfère aussi raisonner en "entreprises stratégiques" plutôt qu'en secteurs, a tenté d'échafauder une liste de "critères de l'intérêt stratégique" permettant à l'Etat d'orienter son action : tout d'abord, l'approvisionnement du pays, notamment dans les secteurs vitaux comme la santé ou l'alimentation. Un domaine en réalité assez vaste : les entreprises de fabrication de flacons ou de barquettes d'aluminium, qui produisent des contenants essentiels, sont ainsi susceptibles d'être considérées comme stratégiques. Deuxième critère, celui de l'avance technologique : "Quand la recherche publique finance des innovations qui donnent à la France un avantage sur les autres, il ne faut pas y renoncer", estime Claude Revel, qui évoque notamment les secteurs du nucléaire ou des biotechnologies. La spécialiste en intelligence économique avance deux autres critères plus mineurs, ceux de l'emploi sur le territoire national, et de l'influence culturelle de la France dans le monde : même si la production de vin ou de parfums n'est pas indispensable à la survie, elle procure au pays un rayonnement qui peut justifier une protection de l'Etat.
On aboutit ainsi à un nombre en perpétuelle expansion de secteurs ou entreprises stratégiques. En témoigne l'initiative d'Arnaud Montebourg en 2013, qui avait défini 34 secteurs prioritaires, étendant la liste établie en 2005 à l'occasion du premier décret sur les investissements étrangers qui protégeait les secteurs de la défense, de la sécurité nationale et de l'ordre public. Le ministre du Redressement productif avait notamment ajouté les secteurs de l'eau, de la santé, de l'énergie, des transports et des télécommunications. A l'occasion de la loi Pacte, en 2019, le collège d'experts convoqué par le gouvernement a identifié "dix marchés émergents prioritaires relativement peu soutenus par les pouvoirs publics" : l'agriculture de précision et les agro-équipements, l'alimentation durable pour la santé, le biocontrôle animal et végétal, la santé digitale, les biothérapies, l'hydrogène pour les systèmes énergétiques, la décarbonation de l'industrie, les nouveaux matériaux composites, la cybersécurité et les technologies du quantique.
Un "golden share" élargi
Pour protéger les entreprises stratégiques de prises de participation hostiles venues de l'étranger, l'Etat dispose de nombreux outils… qu'il utilise avec parcimonie. Ainsi, alors qu'un décret permet depuis 2005 à l'exécutif de refuser un investissement étranger dans les secteurs définis, jamais un gouvernement ne l'a utilisé pour mettre un veto, même lorsque l'aéroport de Toulouse a été cédé à un groupe chinois. Par ailleurs, le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), ainsi que l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) définissent une liste "d'opérateurs d'importance vitale", comme les gares ou les centrales nucléaires, envers lesquelles la puissance publique peut avoir des exigences spécifiques. Enfin, pour un contrôle plus direct, l'Etat peut bien évidemment réquisitionner des produits, des brevets ou des licences, ou même procéder à des nationalisations, un concept qui fait son grand retour à la faveur de la crise actuelle. La Banque publique d'investissement et l'Agence des participations de l'Etat peuvent aussi être mobilisées pour des opérations d'actionnariat stratégique afin de soutenir des entreprises-clefs sans que l'Etat prenne lui-même le gouvernail.
La loi Pacte votée en mai 2019 relève du paradoxe : elle préparait la privatisation d'Aéroports de Paris, considérée par beaucoup comme un secteur stratégique, mais a augmenté les pouvoirs de l'Etat afin de lui permettre de protéger les fleurons industriels français. La loi a ainsi abaissé le seuil d'investissement étranger à partir duquel l'Etat un droit de regard, tandis que le champ d'application de "l'action spécifique" (aussi appelée "golden share"), qui donne à l'Etat des pouvoirs importants pour stopper toute tentative contraires aux intérêts du pays, a été élargi.
L'effondrement stratégique français
Un tel déploiement de moyens, de la part d'un gouvernement pourtant peu suspecté d'ériger la souveraineté nationale comme une valeur fondamentale, indique que la situation est préoccupante. Et de fait, les spécialistes en intelligence économique portent un regard très sévère sur la politique stratégique du pays depuis… les Trente Glorieuses. "La France a mené une politique de puissance sous la houlette du général de Gaulle, qui avait compris que certains secteurs mettent en jeu la souveraineté, et donc notre liberté", estime Nicolas Moinet. "Mais les années 1970 et l'arrivée au pouvoir de Giscard d'Estaing et Raymond Barre a marqué la fin de cette vision stratégique." Claude Revel, qui date de son côté le basculement au tournant de la décennie 1980, dénonce le même processus : l'entrée de la France dans la nouvelle mondialisation, et la conversion des élites françaises à l'abandon de la souveraineté. "Le grand paquebot de l'administration, notamment Bercy, a opéré un long tournant : les haut fonctionnaires étatistes et dirigistes sont devenus plus libéraux que les libéraux !", déplore Claude Revel. Symbole de ce virage, la marginalisation progressive du Commissariat général au plan, définitivement disparu en 2006.
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Dans les années 1990, le détournement stratégique français prend une tournure dramatique. Car au même moment, les Etats-Unis sous l'influence de l'administration Clinton mettent un coup d'accélérateur à leur politique de sécurité économique. En plus de pratiques commerciales agressives, les Américains investissent les institutions internationales et les irriguent de leurs doctrines pour séduire les élites des autres pays, notamment grâce au programme des Young leaders. Une pensée a émergé de ce travail de sape : prônant le règne de la mondialisation heureuse, l'effacement des frontières et le libéralisme effréné, elle régnait sans partage dans l'ENA des années 1990 et 2000. Le président Emmanuel Macron en représente d'ailleurs un bon prototype. "Le formatage des cerveaux a abouti à former une génération de haut fonctionnaires persuadés que défendre les intérêts de leur pays, c'était le mal", regrette Claude Revel. Moins angéliques, les Américains mais également les Chinois et les Allemands se sont engouffrés dans la brèche. Aujourd'hui, la France a largement perdu le contrôle de son appareil industriel, en plus d'avoir délégué une large part de sa souveraineté à l'Union européenne. Les nouveaux géants du numérique sont américains pour les Gafam (Facebook, Amazon, Google, Apple, Microsoft) ou chinois pour les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi).
Etat stratège
Les échecs les plus spectaculaires, comme ceux de l'Aéroport de Toulouse ou l'affaire Alstom, mettent en lumière une réalité cruelle : en matière stratégique, la France navigue à vue, en témoigne la création puis la disparition de multiples structures éparses : comité pour la compétitivité et la sécurité économique, haut fonctionnaire de défense et de sécurité, délégation interministérielle à l'intelligence économique, commissaire à l'information stratégique et à la sécurité économique… "Nous sommes défaillants à trois niveaux, soupire Nicolas Moinet : nous n'avons pas de doctrine, notre organisation n'est pas au niveau, et nous manquons d'une culture stratégique." Plusieurs anecdotes donnent une idée de l'ampleur du chantier, notamment en matière de subdivision administrative : alors que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) manque de personnel en matière économique, ou que nos régions aussi vastes que certains pays d'Europe n'emploient qu'une poignée de salariés pour accompagner les entreprises stratégiques, d'étranges doublons subsistent. La Direction générale des entreprises du Ministère des Finances cohabite ainsi avec une Direction des entreprises et de l'économie internationale… au Quai d'Orsay. "Nous n'avons pas un problème de personnes, puisque la France produit des cadres de très bon niveau, mais d'organisation, estime Nicolas Moinet. L'Etat français, plutôt que d'animer et superviser les structures est resté sur une vision centralisatrice sans en avoir les moyens."
Le prisme comptable et tatillon des administrations de Bercy est également dénoncé par les observateurs. La nécessité de faire "des économies" a en large partie remplacé la vision stratégique, au point de céder des activités relevant largement du régalien au privé : les citoyens des Etats-Unis qui souhaitent obtenir un visa pour la France doivent ainsi s'adresser à VFS Global, une société à laquelle l'Etat a délégué la première instruction des dossiers. Lors des grands rendez-vous internationaux, la France est également en retrait : influencée par une culture stratégique défensive, elle n'investit pas les institutions européennes ou mondiales pour y défendre ses intérêts ou remporter des contrats importants ; pourtant, c'est largement en manoeuvrant dans le lobbying au Parlement européen que les Allemands et les Néerlandais ont pu avancer leurs pions. La Chine, qui a effectué un travail considérable au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) mais aussi auprès de l'Organisation internationale de normalisation (ISO), est un autre exemple probant. L'incapacité de la France à organiser efficacement la riposte à la pandémie de coronavirus (pénurie de masques et de tests, dysfonctionnements administratifs) n'est finalement que la conséquence sidérante d'un effondrement de long terme. Autant dire qu'Emmanuel Macron et son gouvernement, qui semblent redécouvrir les vertus d'un Etat stratège à la faveur de la crise, a du pain sur la planche pour restaurer le blason français.
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Stratégies de sortie de crise
Sans vaccin ni traitement contre l'épidémie mondiale de coronavirus (COVID-19), la fermeture prolongée dans plusieurs pays risque de multiplier les dommages économiques, sociaux et même psychologiques. Beaucoup de pays cherchent activement des stratégies de sortie de cette situation. Ils repensent la politique de fermeture totale face à une menace qui peut durer des mois ou plus longtemps encore. Selon un recensement effectué par l'université Johns Hopkins, les États-Unis ont (...) - Tribune Libre
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Telling Lies racontera des bobards sur consoles dans une semaine
Annapurna Interactive vient de confirmer que Telling Lies, le dernier jeu narratif du réalisateur de Her Story, sera bien disponible sur PS4, Xbox One et Switch. Cette aventure filmée initialement sortie sur Steam, GOG.com et iOS en août 2019 sera même disponible dès le 28 avril sur ces trois plateformes.
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Sanofi offre 100 millions à l’hôpital public et aux Ephad et… quatre milliards à ses actionnaires
Le géant pharmaceutique va consacrer 100 millions d'euros à la «solidarité nationale dans la lutte contre le Covid-19 ». C’est moins que les aides qu’il perçoit en crédit d’impôt recherche et 40 fois moins que ce qu’il versera à ses actionnaires.
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